lundi 4 avril 2011

Les grands moments de solitude





On a tous son grand moment de solitude. En règle générale, on le garde pour soi, bien tapi derrière un écran de dignitié et d'amour-propre. J'ai pour ma part la chance d'avoir une dignité inversement proportionnelle au nombre de mes moments de solitude. Je suis en effet experte en la matière, à tel point que j'ai procédé à une analyse sociologique en plusieurs points du Moment de Solitude, autrement dit du "tapage de honte", ou encore du "Ptain, la Chouma". Que voici.

1. Catégorie Envolée (lyrique)

Cette catégorie est certainement la plus potache, la plus traditionnelle, mais aussi celle que chacune d'entre nous a forcément expérimenté un jour ou l'autre. Malheureusement, c'est aussi celle qui a l'impact le plus puissant. J'ai nommé : la chute, la vautre, le vol plané. Parce que lorsque l'on tombe, ce n'est jamais seul, dans une rue déserte. C'est forcémment devant une terrasse bondée alors que vous vous teniez très droite en marchant comme une star avec vos lunettes de soleil. Ou encore dans l'escalier un soir d'inauguration de club / de vernissage. En général, le double effet kiss cool arrive juste après : il s'agit du couple d'octogénaires qui vous aide à vous relever, avec un air de pitié compatissant. Pour ma part, la plus belle chute résulte d'un levé de jambe lors d'une chorégraphie , levé de jambe gauche plus précisément ayant entraîné la jambe droite avec elle. N'ayant plus de support, mon corps s'est effondré sur le sol avec un manque de délicatesse certain. Douloureux.

2. Catégorie Sortie de scène avortée

Il arrive parfois que vous ayez une conversation avec quelqu'un (votre mec, votre patron, votre meilleur ami, etc.), que le ton monte, que la conversation se transforme en baston orale (nous sommes des gens civilisés tout de même, on ne va pas en venir aux mains). Vous avez l'ascendant, votre argumentation est majestueuse, votre adversaire reste coît par tant de superbe verbale, vous clôturez le débat par une phrase assassine et vous tournez les talons pour quitter la pièce, drapée dans votre magnificence. Et c'est à ce moment là que cela se passe. Deux options.
- Option numéro 1 : Vous avez mal géré la distance entre la porte et vous et vous vous la prenez en pleine gueule.
- Option numéro 2 : La porte est une baie vitrée très très propre et vous vous la prenez en pleine gueule.

Dans les deux cas, tout ce qui précède (argumentation, conclusion brillante) est réduit à néant et vous n'avez plus qu'à vous terrer pour le reste de votre vie (et celles d'après pour les bouddhistes).

3. Catégorie haute technologie

Cette catégorie est propre à notre génération et ne concerne pas nos parents (les bienheureux). Elle implique en effet l'utilisation :

- D'un téléphone portable : Ne vous est-il jamais arrivé, alors que vous étiez très très énervé par une personne dont vous veniez de recevoir un texto (le plus souvent votre mec), de vouloir en parler à votre meilleur pote, toujours par texto ? Exemple type : "Ce connard de XXX vient de m'envoyer un texto pour annuler notre soirée. En plus de ne pas assurer au pieu, c'est un goujat". Sauf que dans le feu de l'action, vous adressez ce SMS au dit XXX. Et vous vous en apercevez pile après avoir appuyé sur "Envoyer". Je peux vous assurer que le temps entre le moment où vous envoyez ledit message et le moment où celui-ci est effectivement envoyé dure une éternité. Et que ce n'est pas seulement la soirée que l'homme en question annulera, au final...

- De Facebook : J'ai déjà voulu écrire un petit mot sur le mur d'un très bon pote habitant à Paris "Salut beau gosse, quand est-ce que tu viens passer le week-end chez moi ?". Sauf que je faisais trois choses en même temps et que j'ai écrit cette phrase par erreur sur le mur d'un jeune homme qui venait juste de m'accepter en ami et sur lequel je louchais depuis un bon bout de temps, habitant à 200 mètres de chez moi, et qui avait le malheur d'avoir le même prénom et les 2 premières lettres du nom de famille identiques à celle de mon ami. Le jeune homme m'a répondu gentiment "C'est un peu prématuré, non ?". C'était il y a un an. Depuis, j'évite tous les endroits qu'il fréquente, et je l'ai supprimé de mes amis.

Voici un listing non exhaustif des moments de solitude que chacune d'entre nous peut vivre au quotidien. Il y en a bien sûr bien d'autres. Mais j'en garde pour plus tard...

2 commentaires:

  1. Et le "c'est pour quand ?" quand tu croises une maman qui a autant de bidon que toi qui doit accoucher dans 1 mois... Et qui te répond c'était le mois dernier... Gloups...

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  2. Alors ça ! Impossible à rattraper... Je dis bravo !

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A bientôt !
Lili

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