lundi 28 février 2011

Le road trip ultime : Ma virée en banlieue résidentielle

Comme vous l'avez probablement déjà deviné, mes potes et moi sommes des animaux ultra-urbains et ne sortons de notre tanière qu'est l'hyper-centre qu'en cas de force majeure. Ce week-end, le cas de force majeure s'est présenté sous la forme d'une amie (Julie, surnommée "la banlieusarde", ou "Bree Van de Kamp", c'est selon) venue prendre le goûter chez moi accompagnée de son chien Freezbie (oui, les gens en banlieue ont en général un animal de compagnie dont la laisse est greffée au bout de la main, à défaut d'un enfant).

Notre goûter a débuté à 15h00 pétantes et à 19h30, par je ne sais quelles sourdes manipulations que Julie devait prévoir depuis les prémices de nos agappes, nous nous sommes retrouvés dans ma voiture direction la banlieue résidentielle pour prendre l'apéro dans un bar récemment ouvert à Mouvaux (cette précision géographique s'adresse aux Chtis, pour les autres, sachez juste que Mouvaux est l'équivalent de Wisteria Lane).

Le bar en question s'appelant le "Café des Sports", Mika, Amanda Gun et moi-même avions quelques raisons de nous inquiéter et avons soumis Bree à la question avant d'accepter de faire nos valises pour ce voyage en terre inconnue. "Julie, c'est un PMU, ton bar ?" "En banlieue, ils ont la licence 4 ?" "Ils savent ce que c'est que les Cosmo et les Mojitos ou ils servent uniquement de la bière ?" "C'est une baraque à frites ou alors il y a des sièges et quatre murs et un vrai toit ?" "Y'a pas des vaccins à faire style fièvre jaune quand on va en banlieue ?".

Julie nous ayant rassurés (un peu) quant à la qualité de l'établissement, et surtout très excités à l'idée de faire un apéro EN BANLIEUE, nous avons finalement accepté de la suivre dans ce grand voyage vers l'inconnu. Mais il est vrai que nous étions totalement désemparés s'agissant des codes mystérieux régissant la vie hors de l'hypercentre rassurant qui constitue notre quotidien : "Euh, Julie, faut qu'on s'habille comment ?" "Faut se maquiller ou pas ?" "Et si je mets des talons, ils vont me prendre pour une pute les gens, non ? Faudrait peut-être mieux que je mette un sweat et mon jogging pyjama, non ?".

Sur la route de mon parking, l'excitation allait crescendo, et nous étions comme des enfants sur la route d'Eurodisney.
Moi : "Il paraît qu'il y a plein d'arbres... Tu crois que c'est vrai ?"
Mika : " Oui, je suis allé en banlieue une fois quand  j'étais petit, j'en ai vu, c'est comme des ficus, mais en plus grand."
Amanda : "Et moi, on m'a dit que les gens se disent bonjour alors qu'il ne se connaissent même pas."
Moi : "NOOOONNN, tu rigoles ! Mais pourquoi ?"
Mika : "Oui, j'en ai entendu parler, ils appellent ça "la politesse"".

Et puis finalement, en arrivant sur les lieux, nous avons tous les trois été extrêmement déçus. Le bar en question était tout ce qu'il y a de plus conventionnel, la carte était à tomber par terre, et une partie de la clientèle était constituée de personnes que j'avais précédemment croisées lors d'apéros ou/et soirées lilloises. Comble de la désillusion : le patron du bar avait été le gérant d'un resto lillois où je dinais régulierement.

A vrai dire, au bout de quelques verres, les phénomènes de foire se sont avérés être Mika, Amanda et moi-même. Une chose est sûre, notre humour (décapant et irrésistible), passe moyen en banlieue. Peut-être ne sommes nous pas suffisamment premier degré. Cela étant, tout bien réfléchi, il ne passe pas mieux en hypercentre...

Mais le point d'orgue de cette soirée, qui nous a poussé à quitter précipitamment les lieux, fut lorsqu'Amanda jeta l'iPhone de son prétendant d'un soir dans un seau à glace. Amanda soutient mordicus que ce dernier voulant lui prouver la résistance de son smart phone en passant la flamme de son briquet dessus (idée ridicule s'il en est), elle a craint que ce dernier prenne feu et l'a donc, par réflexe, plongé dans l'eau.

Nous sommes donc revenu à Lille, nos illusions banlieusardes envolées, un peu comme des enfants ayant appris que le Père Noël n'existait pas, mais avec une certitude nouvelle : Julie ne nous conviera plus jamais au Café des Sports.

10 commentaires:

  1. Comme "Wisteria Lane", il y a aussi Bondues, Marcq-en-Baroeul, Wasquehal (certains quartiers), et j'en passe !!! M'enfin, du fond de ma campagne rochelaise (où j'ai migré récemment étant ch'ti d'origine), Mouvaux semble être une VRAIE ville !!!

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  2. J'imagine que tu as eu besoin de ton passeport !

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  3. Une formidable expérience avec le recul n'est-ce pas?
    Moi je vis à Paris et travaille en banlieue mais pas du genre Wisteria Lane plutôt celle de TF1 au JT (pour visualisation)!
    Du coup chaque jour à 18h en rentrant c'est le bonheur de revoir ma ville! Un jour il ya eu de la neige je pensait devoir trouver un hôtel formule 1 les routes étant bloquées j'ai pleuré toutes les larmes de mon corps!
    J'ai pu rentrer j'ai mis un cierge.
    MOUHAHA

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  4. Ah, en effet, rien à voir avec Wisteria Lane... Pas de muffins entre voisins !

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  5. le café des sport et un endroit genial je connais tres bien ce lieux et le conseil à tous !

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  6. C'est vrai, au dela de la caricature du post je peux en témoigner. ALLEZ Y !

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  7. J'habite à MOUVAUX , à proximité de cet endroit 'géniaaaal". Tout ce que j'ai à dire c'est que des enfants dorment à proximité de l'endroitet que l'école ouvre ses porte à 8 heures, que des personnes (infirmières, enseignants, caissières,puéricultrices, techniciens...) qui aident à rendre la vie plus douce en se levant chaque mation dès l'aube souhaiteraient également pouvoir dormir le soir sans être réveillés à 1 heure du matin par des "imbéciles, irresponsables et ALCOOLISES"
    Quand il n'y a plus de respect des personnes , que reste-t'il?
    Alban CORPS-MOUVAUX

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  8. Cher Alban,

    Je comprends bien votre point de vue. Il s agit de l'éternel problème du compromis à trouver entre les bars, ou plutôt leur clientèle, et les riverains. En revanche, je ne vois pas en quoi je pourrais vous aider, je n ai absolument aucun pouvoir en la matière, si ce n'est celui de divertir. Je vous conseille de vous rapprocher des autorités (composer le 17). Ils seront beaucoup plus efficaces que moi. Je ferai pour ma part en sorte d être respectueuse de votre tranquillité la prochaine fois que je m'y rendrai.

    Amicalement,

    Lili

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  9. Oui on se dis bonjour même quand on ne se connait pas! Mais j'avoue que vous les filles de grande ville, on des mauvaises images de nous pauvres gens de la campagne^^

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  10. Florine, j'ai habité en banlieue jusque mes 21 ans... Ce petit post est en réalité une satire des citadins, que je suis devenue, meme si j'adore retourner chez mes parents 2 à 3 fois par semaine. Je suis une campagnarde d'origine, et fière de l'être !

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Lili

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