dimanche 13 février 2011

La petite miette sur la table, ou le détonateur d'une crise aïgue de ménagite nocturne

Hier soir, vers minuit, juste avant d'éteindre la lumière et de rejoindre Morphée et ses bras, j'ai remarqué une petite miette de pain, vestige d'une de huit tartines de nutella que j'avais englouties une heure plus tôt sans aucun sentiment de culpabilité. J'étais déjà dans mon lit, bien au chaud sous la couette, et ni la miette, ni la poubelle n'étaient accessibles sans affronter les températures polaires de mon appartement.

Et puis après tout, cette miette était toute petite, et elle ne bougerait pas d'ici le matin. Je pouvais dormir tranquille. J'ai donc éteint la lumière, décidée à passer une nuit entière de sommeil réparateur et bienfaisant. Seulement voilà. Dans la pénombre de ma chambre, la miette était devenue un pain de campagne entier écrasé sur la moquette, et au lieu de compter les moutons, je me suis surprise à compter les grains de blé.

Je suis donc sortie de mon lit, sachant d'avance que je ne pourrai pas dormir en présence de cette putain de miette. Et en la ramassant sur la moquette, j'ai remarqué que cette dernière n'était pas super super clean, et que le nouveau jeu de Marcel Wondercat, qui consiste à rouler sur lui-même et parcourir la plus longue distance possible, avait laissé des traces / poils (je l'ai dressé en ce sens, à mes heures perdues, je suis Madame Loyal). Il est vrai qu'en regardant la moquette d'un point de vue traditionnel, c'est-à-dire debout, les poils se fondaient dans le décor. Mais de plus près, cela sautait aux yeux : il ne s'agissait plus d'une moquette, mais d'une fourrure géante. Il fallait y remédier, et il y avait urgence !

Me voilà donc armée de mon aspirateur (j'ose espérer que mes voisins étaient de sortie, je n'ai pas eu de retour jusqu'à présent...), en nuisette, bien décidée à redonner sa dignité à la moquette de ma chambre (la mienne - de dignité - étant totalement perdue à ce moment précis). Trente minutes plus tard, j'étais satisfaite du résultat, mais étant sur ma lancée, j'ai décidé de continuer et j'ai donc aspiré tout l'appartement. Le ménage donne chaud. J'ai donc ouvert les fenêtres en grand et je me suis allumée une cigarette victorieuse en m'auto-congratulant et en admirant le boulot abattu.

C'est à ce moment là que la maniaque comprend qu'elle pète un plomb et qu'elle n'a pas DU TOUT l'intention de s'arrêter. Elle essaye alors de se faire passer pour une personne rationnelle ayant des arguments tout à fait probants : "Mais quand même... La vitre de la table basse. Elle est quand même pas nickel chrome... Y'a des traces de verres du dernier apéro... Ca serait dommage de s'arrêter là, alors que le salon est impecc'... ça prendra juste 2 secondes, et puis j'ai fait le plus gros déjà" (la maniaque sait que le fait de se parler est déjà en soi un problème majeur, mais elle s'en fout, elle n'est plus à ça près).

Elle se munit donc de son rouleau de Sopalin et de sa bouteille d'Ajax Vitres et  nettoie sa table basse. Mais en réalité, la maniaque est fourbe. Car sachez que la table basse n'était qu'un alibi pour ce qu'elle prépare déjà depuis qu'elle a ouvert la fenêtre pour allumer sa clope : LE NETTOYAGE INTEGRAL RECTO VERSO DE SES SIX FENETRES (à savoir 24 carreaux à nettoyer à l'intérieur et à l'extérieur). Me voici donc partie pour une séance de lavage de carreaux de 2 heures, mon casque vissé sur les oreilles diffusant de la funk à fond de balle.

Enfin, une fois le travail accompli, je me suis couchée, satisfaite et comblée, en bonne ménagère que je suis (j'ai également fait la vaisselle et j'ai failli faire la lessive, mais il était 4h et demi et je pense que les forces de l'ordres auraient débarqué chez moi pour nuisances sonores, puis m'auraient envoyé en HP en découvrant la scène).

Vous me direz que nettoyer ses vitres en pleine nuit n'est pas forcément une bonne idée, rapport à l'obscurité. A chaud, cela ne m'a pas dérangée. Le lendemain, un peu plus, quand j'ai découvert les magnifiques arabesques sur chacune de mes vitres. Mais de toute façon la météo avait annoncé de la pluie.

Cela étant, j'ai pris de bonnes résolutions suite à cet épisode surréaliste et un poil honteux :
- Quand j'ai des fringales, j'y succombe dans la cuisine ;
- Au lieu d'apprendre à Marcel Wondercat de se rouler sur la moquette de ma chambre, je lui enseigne comment marcher sur ses pattes arrières. C'est moins salissant.



3 commentaires:

  1. T'es quand même une grande malade !!!
    Enfin, si tu as du temps à perdre... J'ai quelques m2 qui n'attendent que toi !!! ;-)

    RépondreSupprimer
  2. Mon thérapeute m'a fortement conseillé de ne pas toucher à un aspirateur avant au moins 3 semaines... Désolée, ça aurait été avec grand plaisir !

    RépondreSupprimer
  3. Je vois qu'on a toutes nos névroses... ^^

    RépondreSupprimer

Merci pour ton commentaire, il sera modéré en attente de publication.
A bientôt !
Lili

Creative Commons License
This work is licensed under a Creative Commons Attribution-ShareAlike 3.0 Unported License.