mardi 18 janvier 2011

Seules face à nos phobies (si seules)


Il y a environ deux semaines, le voisin de ma pote Milou a été victime d'un home-jacking. Tout un chacun aurait été légitimement perturbé par cette affaire. Mais voilà. Milou est une flippette. Elle a été littéralement traumatisée par ce fait divers, a pris ses cliques et ses claques et s'en est allée squatter le canapé du salon d'un ami. Je l'ai appelée il y a deux jours, elle me disait s'habituer à sa nouvelle coloc, mais trouvait que l'ami en question abusait un peu de recevoir ses potes dans sa nouvelle chambre...

Cette peur irrationnelle de l'agression n'est pas nouvelle chez Milou. Un soir, vers minuit, j'ai reçu un coup de fil de sa part. Après m'avoir demandé comment j'allais, elle me propose de passer, juste comme ça. Intriguée (les visites de courtoisie à minuit sont plutôt rares en général), je me décide à me rendre chez elle. En réalité, Milou était en pleine panique, l'oeil hagard, parce qu'un inconnu marchant derrière elle (Milou habite un quartier relativement fréquenté, même le soir), "la suivait dans le but de la violer, la torturer puis l'achever dans un coin sombre". Le summum de cette scène surréaliste fut lorsque j'ai découvert à côté de son lit un couteau qu'elle avait posé là en dernier recours, s'apparentant plus au couteau à beurre qu'à la machette. Je suis donc allée chercher mon pyjama et ma brosse à dents (nous sommes voisines, elle et moi), et elle a enfin pu trouver le sommeil. Je suis habituée à ces saynettes, elles me font sourire. Quand nous nous séparons en rentrant de soirée pour rentrer chacune chez nous, parfois, elle court me rejoindre en criant : "Au fait, Lili, j'ai oublié de te dire..." , et arrivée à ma hauteur, baissant d'un ton : "en fait j'ai rien à te dire, mais y'à un mec chelou dans ma rue". "Et il a quoi de chelou?" "Bah il bouge pas". "Ah oui, bah forcément, si il bouge pas..."

Je comprends Milou, car pour ma part, je suis une pure arachnophobe. Ce n'est pas un home-jacking qui m'a fait fuir de chez moi mais une araignée, vous savez, de celles avec les gros corps et les grosses pattes. J'ai pris la voiture et me me suis réfugiée chez mes parents, à 30 kms de là. Le lendemain, elle n'était plus là et j'ai passé 3 nuits sans dormir. Une autre fois, j'en ai découvert une autre encore plus velue, plus mesquine, s'apparentant à un crabe de par sa taille. Elle me fixait sournoisement de tous ses yeux l'air de dire : "je vais te faire vivre un enfer". J'ai fui aussi vite que possible et suis allée chercher un serveur du resto d'à côté, que j'ai sûrement ému, ou qui m'a prise en pitié, et qui est venu écraser la bête. Des araignées squattent dans ma cour et ont tissé des toiles gigantesques dans les massifs de fleurs. On se croirait en Amazonie. Pour maîtriser ma peur, j'ai décider de leur donner des prénoms. Il y avait Aglaé et Charlotte, notamment. Mais cela n'a pas du tout fonctionné. Mes voisins m'entendaient hurler "MANMANNNNNNNN!!!!!" à chaque fois que je sortais de chez moi. Et finalement j'ai trouvé la solution. Marcel Wonder-Cat, mon chat bien-aimé, adore manger les araignées. C'est cruel, mais c'est la loi de la nature. On dit que la nature est bien faite, laissez moi vous dire que je suis bien d'accord !

1 commentaire:

  1. Il y a beaucoup plus de gens qu'on pense atteints de "délire" de persécution et c'est souvent difficile à vivre pour eux. La vie est tellement compliquée parfois qu'elle n'est pas faite pour les âmes fragiles;

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Lili

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